20 mai 2010

J’ai eu la chance d’assister à la conférence UX LX (User eXperience) à Lisbonne qui a réuni 400 participants venant de plus de 30 pays (de 4 continents différents !).
Ce furent 3 jours intenses : 2 journées de workshops et 1 journée de conférence en plénière.
Bruno Figueiredo, l’organisateur, a fait venir de nombreuses stars US : Jared Spool, Peter Merholz, Steve Krug, Larry Constantine, Bill Scott… Je profite de ce billet pour saluer la performance de Bruno qui a organisé l’événement entièrement seul.
Les workshops
Le Asynchronous Remote Usability Test ne m’a pas convaincu. Le principe est le suivant :- engager la conversation au travers d’un formulaire simple lorsque l’utilisateur se connecte au site web à tester
- lui soumettre quelques jours ou quelques heures plus tard un questionnaire sur son «expérience».
J’y ai préféré la vision de Steve Krug pour qui, rien ne vaut de passer quelques heures tous les mois à observer un utilisateur tester l’application ou le site web. Chose que nous avons mise en pratique, pendant son workshop, puisqu’il nous a fallu tour à tour «tester» le site web de notre «voisin de classe». Ce fut une expérience très intéressante : j’ai dû tester le site web d’une émission de Télé-Réalité portugaise. Sa webmaster m’avait fixé l’objectif suivant : retrouver la vidéo de l’émission de la semaine précédente. Elle ne croyait pas à la pertinence de ce test car son site est en portugais, langue que je ne lis pas. Pourtant, en m’observant elle a découvert de nombreux problèmes sur son site. Dont un sérieux, puisque j’ai cru que les vidéos ne fonctionnaient pas !

Exemple d’un cas d’école révélé par un test utilisateur (ne parlant pas le portugais)
Le résultat a été tout aussi intéressant pour le site de PIA. Notre utilisatrice portugaise n’a, par exemple, pas réussi à trouver le numéro de téléphone de la société…
En conclusion, je dois avouer que faire tester un site web ou une application par une personne qui n’en parle pas la langue se révèle fort instructif. J’espère avoir l’occasion de répéter l’opération pour la prochaine version du site de PIA.
Il est amusant de noter que Susan Weinschenk (aka @thebrainlady) nous a également recommandé de procéder de la sorte durant son workshop sur le «neuro webdesign». je vous recommande la consultation de son site web : whatmakesthemclick.net.
Le workshop de Manual Lima et ses travaux sur la représentation visuelle de réseaux complexes m’ont également beaucoup intéressé. Je ne peux que vous encourager à parcourir son site web Visual Complexity. Manual présentera une session lors du WIF (qu’il préside) à Limoges, le 5 juin 2010. Allez-y !

Il reste une question à laquelle je n’ai pas eu de réponse pendant le workshop : Quelles décisions ont été prises grâce à l’utilisation de ces graphs ?
La plénière
Le programme de la plénière était impressionnant. Quatorze intervenants se sont succédés pour présenter leur vision de l’UX (voir du web), les enjeux du métier ou encore leur manière de travailler.S’il ne fallait retenir qu’une seule présentation, il ne pourrait s’agir que de celle de Jared Spool. Encore qu’il conviendrait mieux de parler de show que de présentation : Jared a débuté sa présentation par une danse endiablée sur le tube de Beyoncé «Put a ring on it».

Jared Spool a débuté sa présentation par quelques pas de danse sur «Put a ring on it»
Passé l’anecdote, Jared a détaillé avec grand brio ce qui permet de reconnaître, selon lui, une expérience de design réussie :
- Elle prend en compte dans le même temps l’utilisateur et le business.
- Elle est le fruit d’un processus d’apprentissage mais n’est pas ouverte à l’introspection.
- Elle est invisible.
- Elle est pluridisciplinaire.
- Elle est culturelle.
- Nous continuerons toujours de travailler à son amélioration.
Il suggère également de se poser les trois questions suivantes pour déterminer le niveau de prise en compte de l’UX :
- Vision : «Est-ce que chacun dans l’équipe est en mesure de décrire l’expérience que procurera le design du produit dans 5 ans ?»
- Feedback : «Au cours des 6 dernières semaines, avez-vous passé plus de deux heures à regarder quelqu’un utilisé votre produit ou celui d’un de vos concurrents ?»
- Culture : «Au cours des 6 dernières semaines, avez-vous récompensé un membre de l’équipe pour avoir échoué sur un design majeur ?»
L’intervention de Larry Constantine m’est apparue également comme très pertinente. Il considère que «nous» ne faisons pas de Conception Centrée sur l’Utilisateur (UCD) mais plutôt de la Conception Centrée sur les Activités. J’aurais tendance même à parler d’objectifs plutôt que d’activité. Quoi qu’il en soit, c’est pour nous une réalité dans le domaine des applications métier ; une grande partie du ROI provenant des gains de productivité.
La présentation de Donna Spencer, «Design game», a également été remarquable. Elle a réussi le tour de force à faire jouer à un de ces «Design games» l’ensemble de l’assemblée (soit tout de même 400 personnes).
J’ai le plaisir de retrouver Bill Scott (qui était intervenu dans le cadre d’un workshop PIA il y a 3 ans). Il nous a présenté une méthode de conception «Design with lenses» qu’il a élaborée en s’inspirant d’un jeu de société. Sa présentation est disponible ici.
La session de Luke Wroblewski sur «First Person User Interfaces» a été aussi très enrichissante et très «pro». Luke a, tout d’abord, dressé un historique des Interfaces Homme Machine. Puis il a exploré l’univers des interfaces dites naturelles. Sa présentation, ainsi que toutes ces notes, sont disponibles ici.
A l’année prochaine Lisbonne !
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